Quand tête veut, jambe peut. C’est par ce slogan vu sur le bord de la route en courant que j’ai envie de résumer cette édition des 100 bornes de Millau. Je prends sereinement le départ samedi matin, la première boucle se passe très bien au milieu d’une foule de coureurs et de cyclistes accompagnateurs (3000 engagés cette année pour la 40ème édition). Seule alerte : un début d’ampoule au pied dès le 15èmekm mais j’ai ce qu’il faut pour soigner ça. Mon père m’accompagne et s’occupe à merveille des ravitaillements. Je refuse de prendre des solides et me concentre uniquement sur la boisson (erreur regrettable par la suite). Passage au marathon en 3h47 soit avec 15 minutes d’avance sur 2009. Nous repartons de Millau pour la deuxième boucle. Les douleurs dans les jambes sont déjà bien présentes. J’attaque la côte du viaduc qui est toujours aussi mortelle, ainsi que la descente qui suit. Les bornes s’enchaînent, je ne peux plus rien avaler, je me contente de boire, ce qui me vaudra une fin de course très difficile (ne pas négliger les solides !)
La montée du col de Tiergues se passe relativement bien, la famille m’attend au sommet, c’est réconfortant. Les choses se gâtent ensuite : descente interminable sur St-Affrique puis remontée. Je suis dans le brouillard, les cuisses sont en feu et cela m’inquiète, il reste 30 km. J’ai 30 minutes d’avance sur mon estimation, c’est le seul réconfort.
La suite va se faire au mental, je faiblis borne après borne, j’ai des idées d’abandon qui me traversent l’esprit.
Redescente sur St Georges puis long replat jusqu’à la montée du viaduc que je fais en alternant course et marche. A la marque 90 je flanche mentalement, heureusement que mon père me motive et me calme car je deviens irritable et négatif.
Les derniers kilomètres me paraissent être multipliés par trois. Enfin Millau ! Traversée de la ville avec les passants qui nous encouragent vivement, je sers les dents, le regard dans le vide.
Pour me remercier de cette expérience mon paternel fait les derniers mille mètres en courant à mes côtés, vélo à la main.
L’entrée dans le parc de la Victoire est sensationnelle, mes enfants m’attendent, passent les barrières et m’encadrent jusque dans la salle des fêtes sur le promontoire, j’ai les yeux humides et la vision brouillée, pur moment de bonheur !
J’ai perdu une partie de mon avance mais je termine quand même avec un bonus de 17 minutes sur mon temps de référence, soit en 10h40.
220ème sur 3200 engagés, je suis satisfait. Mais bon dieu j’avais oublié à quel point cette course est exigeante et à quel point il faut savoir faire preuve d’humilité. Centbornard pour la deuxième fois mais je dois avouer que je suis calmé…